La fabrication du sous-bock au cours de la première moitié du XX ème siècle 1900-1960 - 2


III.L’impression


A. Les techniques d’impression


L’imprimeur réalise une épreuve ou une maquette dans laquelle il va proposer au brasseur le projet de sous-bock, selon le cahier des charges établit par le service marketing de la brasserie. Ces maquettes sont réalisées à la main, puis par ordinateur à l’ère de l’impression offset (à partir des années 70). Si la maquette est validée par le service marketing de la brasserie, une matrice ou un cliché est réalisé.

L’impression typographique s’effectue avec des matrices fixées sur des machines rotatives composées de deux cylindres. Sur le premier cylindre est fixé le cliché, le second exerce une pression sur la feuille de carton. Chaque cylindre ne permet l’impression que d’une seule couleur, de sorte qu’il faut trois cylindres pour réaliser un sous-bock de trois couleurs.


Au cours des années 70, le procédé de l’impression offset va petit à petit remplacer l’impression typographique. Cette technique bouleverse totalement la physionomie du sous-bock en décuplant la palette des couleurs et des graphismes. Ce procédé [7] repose sur la répulsion entre l’eau et l’encre. Le motif est reporté sur une plaque d’aluminium qui est encrée et mouillée par un cylindre et repose dessus. Le blanchet reçoit alors le motif encré et le transfère sur la surface à imprimer.

Maquettes réalisées par l’imprimeur Nuss pour la brasserie Kronenbourg, années 60.

Matrice d’impression fixée sur bois, issue probablement de l’imprimeur Bolar-Nuss de Strasbourg.

Années 1950.

Brasserie Paillette, Le Havre

Matrices en métal issues de l’imprimerie Nuss de Strasbourg.

Années 1950 et 1960.


Brasserie Rinck, Lyon

Brasserie Gruber, Strasbourg

Sous bock de la brasserie Météor d’Hochfelden, imprimé selon la technique Offset, années 1990.


B.Les différents types de carton utilisés par les cartonniers et imprimeurs français

Même si le sous bock ne porte pas la mention du nom de l’imprimeur, il est possible, pour les sous bocks produits avant les années 70, d’identifier le fabricant grâce à certains indices. Ces indices sont les suivants : épaisseur du carton, type de carton utilisé (carton piqueté, carton fibreux, utilisation d’une couche de cellulose vierge sur la face imprimée, type de gaufrage du verso).

Ainsi, les sous bocks produits par Katz und Klumpp, Soubofra et Jacquemin (période 1950-1960) sont facilement identifiables.


Ce sous-bock Gruber des années 60 a été imprimé par deux imprimeurs différents. A gauche, l’imprimeur Jacquemin Sainte Marguerite recouvre la face imprimée de ses sous-bocks par une couche de cellulose pure. Le carton est donc lisse et blanc, l’impression en relief marque le carton. A contrario, le sous-bock de droite a été imprimé par la fabrique Soubofra, le carton utilisé est très fibreux, moins traité, sa couleur tend plus vers le gris. L’encre est plus absorbée par le carton, le lettrage est donc moins fin.

Ces différences de texture, d’encre ou de carton sont prisées par le collectionneur, tout comme les défauts d’impression (visible ici).


On peut voir sur ces deux sous-bocks Muller que le carton utilisé modifie la physionomie d’ensemble : le premier carton est piqueté et fait ressortir les couleurs ; la finition semble plus soignée que sur le second carton qui est lisse.


Le carton peut être particulièrement piqueté, comme sur ce sous-bock Paillette.


Le tableau ci-dessous résume les caractéristiques des grands imprimeurs français, on peut ainsi retrouver le fabricant d’un sous-bock même s’il n’est pas inscrit sur le bas du sous-bock (informations recoupées sur un échantillon de 1200 sous bocks, des années 30 aux années 70).