La forte croissance de la consommation de l’après-guerre favorise le développement du sous-bock. Les brasseries y ont recours de façon massive. Les brasseries de la Perle ou de la Meuse éditent entre 1950 et 1970 plus de 40 sous-bocks différents. Il s’agit aussi de protéger les brasseries locales et d’insister sur les qualités (nutritives et gustatives) des bières produites par les brasseries alsaciennes ou lorraines, dans un contexte de concurrence européenne.

Les graphistes s’emparent aussi du carton-bière. Aux sous-bocks avant-guerre guidés par une simple géométrie axiale se substituent des sous-bocks arborant des dessins, des scènes de vie, de l’humour… Les années 60 sont aussi celles des grandes séries (les bandes dessinées Amos, la Bière se dit Kronenbourg). Ces séries constituent une étape importante du sous-bock : il devient un objet à collectionner. Il faut rechercher et collecter les sous-bocks d’une même brasserie pour compléter « sa » série.

La forte demande de sous-bocks est accompagnée de l’innovation technologique ad hoc. En 1969, le groupe Katz invente la première machine qui combine à la fois le pressage et l’impression des sous-bocks.


Le passage au procédé d’impression offset (1969 pour le cartonnier allemand Marienthaler, 1975 pour l’entreprise Katz), marque la fin du sous-bock épais et spongieux de type moulage-pressage. Cette technologie permet la production de sous-bock de toutes tailles, de toutes matières et formes diverses.

La brasserie Kronenbourg fête, en 1992, les 100 ans du sous-bock.

La technologie d’impression offset améliore grandement la qualité visuelle des images reproduites. Cependant, le marketing des années 70/80 paraît s'essouffler avec la fin des Trente Glorieuses et de la consommation de masse. Les crises économiques (chocs pétroliers de 1973 et de 1979) et la politique de rigueur (1983) correspondent à une époque où le sous-bock est peu original.

Les années 90 amorcent le renouveau du sous-bock moderne. La brasserie Kronenbourg fête les 100 ans du sous-bock avec une série anniversaire. Les bières aromatiques développées par la brasserie Fischer (Adelscott, Desperados puis Kriska) donnent lieu à des sous-bocks plus colorés, plus novateurs. Desperados marque ainsi les esprits avec des sous-bocks rectangulaires de 15 centimètres de long. C’est aussi le développement des sous-bocks dits “exports” (notamment ceux de la brasserie Kronenbourg) destinés aux marchés étrangers. En 1997, la brasserie Kronenbourg édite un sous-bock pour le festival de musique “Les Eurockéennes” à Belfort. C’est le début des sous-bocks événementiels qui fait aujourd’hui le bonheur des cervalobélophiles. Plus de 15 sous-bocks événementiels sont édités chaque année par Kronenbourg (festival de musique, 24H du Mans...).


L’essor important des microbrasseries (notamment en Bretagne) assure également un renouveau salutaire du sous-bock français avec plus de 1500 modèles différents en 15 ans. 

Un petit panorama de sous-bocks événementiels Kronenbourg.

Sous-bocks Kronenbourg pour le marché russe et anglais.

Sous-bocks Adelscott de la brasserie Fischer. La brasserie Fischer était particulièrement innovante en matière de sous-bocks.

Les micro-brasseries s’annoncent...

La brasserie réunionnaise Bourbon édite des sous-bocks originaux fortement recherchés par les collectionneurs

Petite histoire du sous-bock



Le sous-bock, de 1945 à nos jours

Reprise, banalisation et renouveau

Publicité groupement des brasseurs Alsaciens, 1956